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intrigue : concours de tee-shirt mouillé au festival palazza

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 sans haine et sans remord (reese).

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MessageSujet: sans haine et sans remord (reese).   Mer 16 Aoû - 19:54

sans haine et sans remord.
“ft reese l'herpés :coeur:.
(j'suis désolée j'ai honte tellement c'est immonde, j'ai du mal à commencer)

ouais c'est ça, allez, ferme ta gueule. “ Elle jette le portable contre le mur pâle en face d'elle. Incapable de contrôler la colère qui lui dévore les entrailles, pandore laisse échapper quelques larmes de désespoirs. D'un geste empli d'amertume, le visage déformé par des marques d'hostilités, elle se saisit de ses clés qui trônent fièrement sur la table basse, sort une clope de son paquet, les mains fébriles. Le feu l'a toujours apaisé, mais ce n'est rien face à l'attrait délicat de ce venin qu'elle exhume. La nicotine réchauffe son palpitant de glace, apaise l'amertume nichée au fin fond de sa gorge. Elle aspire, avidement. Elle expire, goulûment. Pandore dévale les escaliers qui la séparent de sa voiture, profite de l'air frais de l'extérieur pour terminer cette délicieuse cigarette qui la rend à la vie, la ramène au réel, au naturel. Le mégot jeté au sol d'une pichenette, elle s'empare de sa voiture et de la route. Elle a besoin d'alcool, elle a besoin de lui. Elle jette un œil à l'heure qui s'étale en lettres de feu sur la radio de sa clio : 23h05. Il doit achever son service du soir, sans doute.

Là-bas, au loin, la nuit est déjà bien avancée. Les étoiles fourmillent dans le ciel quand elle se gare enfin en plein centre d'oro valley. Les yeux levés, elle contemple quelques instants la beauté de cette voûte céleste, qui l'épouvante et la fascine. Son infériorité la tétanise quand elle se compare aux étoiles. Orion et la grande Ourse la devancent. Elle n'aime pas se rendre à l'évidence, elle abhorre constater que d'autres brillent davantage. Chaque photo publiée par la presse à scandales, presse à pédales, la ramène devant sa pauvre réalité. Amour secret, amour défendu, amour inapte à être révélé au grand jour. Amour honteux, amour coquin, amour inepte. Amour qui lui fait fondre le cœur et brûler l'âme. Un amour déception, explosion. Pandore souffle une dernière fois. Elle aperçoit, non loin, la roulotte de bagels. Si une vive odeur alléchante s'en dégage, ce n'est pas l'appétit qui pousse Pan' a franchir les quelques mètres qui l'en sépare. Elle n'a pas retrouvé Reese depuis longtemps, mais déjà elle se familiarise de sa présence. Incapable d'apprendre du passé, la petite poupée brûle de ces retrouvailles : un abandon, pas deux, espère-t-elle dans ses entrailles. Pandore efface d'un geste de la main les quelques larmes qui fleurissent encore au bord de ses yeux bruns, arbore un fin sourire de circonstance, avance, droit devant elle, marche vers quelque espoir de mettre un terme à cette fatalité.

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“She found herself even without the solace
of being able to blame her own unhappiness
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MessageSujet: Re: sans haine et sans remord (reese).   Jeu 17 Aoû - 18:47

sans haine et sans remord

Les formalités volent, se perdent aux oreilles de quelques âmes qui s'agglutinent et s'entassent autour de lui. Reese, c'est le foyer chaud et douillet où s'échouent des corps affamés, délabrés, l'écume d'une fin de journée, peut-être intense, sûrement mortelle. Alors le garçon, il a arpenté les rues de la ville sur son fidèle destrier de ferrailles. Il a  déambulé au milieu de carcasses ambulantes qui se tournaient et se retournaient sur son passage. Les effluves de bonne nourriture, l'heure qui approchait, la foule qui se secouait en de petites vagues qui, en seulement quelques minutes , deviendraient de dangereux rouleaux. Il connait bien les ventres creux, les dents qui grincent et se casseraient presque sous les puissantes mâchoires qui ne réclament qu'une chose à mastiquer, à mâchouiller, à avaler. Reese, il a freiné sa course, observé, balayé rapidement les alentours et y a planté son usine à orgasmes gustatifs. Et il les entend, les claquements sur le bitume qui résonnent et lui parviennent, ils s'approchent, prédateurs bien peu discrets, les estomacs grondants,  les langues qui passent et caressent les lèvres. Il sourit. Début de journée. Les voix s'entremêlent dans une affreuse mélodie, les bouche s'ouvrent et se referment rythme mécanique, instinct de survivre, manger, dévorer, assimiler graisses et autres merdes. Il s’affaire dans ses quelques petits mètres carrés, il passe de gauche à droite, de droite à gauche, et, entre deux rouleaux, le garçon s'autorise même à glisser un ou deux mots. Ils vont et viennent, se collent, se bousculent, maudites hyènes qui se ruent sur leurs repas. La houle s'intensifie, parfois s'apaise, moments d'accalmie que le garçon apprécie. Les semelles des clients caressent le bitume, les cadavres se font moins nombreux, moins agressifs. Reese, il pose ses yeux sur le voile noir qui s'est lentement installé au-dessus de sa tête où s'accrochent quelques billes pétillantes. Le soleil s'était timidement incliné quelques heures auparavant, il ne s'en était pas rendu compte. Happé par l'excitation de la foule et des estomacs affamés, il n'avait pas pris le temps de lever le nez, d'observer, l'espace d'un instant, le ciel s'embraser. Le temps lui échappe souvent, au garçon, il se secoue, s'agite et n'inspire qu'une fois son service achevé. Dernières minutes de sa journée. Marée basse. Ses yeux qui se posent sur un étrange récipient, cette curiosité maladive qui le démange et le titille, Reese, il plonge finalement une main timide dans un petit pot gracieusement offert par une des nombreuses hyènes, et, coincé entre deux doigts, en tire quelques insectes séchés. Il les observe, longuement, attentivement, son visage se tord, se déforme en une grimace de dégoût, et, sur les conseils de l'homme dont le nom lui échappe, les fourre dans sa bouche. Et ça craque. Et ça s’émiette. Haut le coeur. Déglutition difficile. Les protéines qui courent le long de son œsophage. Mauvaise idée. Il repousse le petit pot de verre loin de lui, loin de son visage, de son estomac. Petits mets peu ragoûtants. Il les glissera probablement dans un ou deux bagels de clients amers.  Son regard qui se perd, balaye les alentours, une silhouette attire son attention. Un corps féminin, un corps élancé, un corps qui lui arrache un sourire, un vrai, de ceux qui respirent la joie et transpirent la surprise. Les traits qui se dessinent un peu plus précisément sous les pâles halos artificiels des lampadaires, ses cheveux qui dansent et se balancent silencieusement, Reese expose au monde ses crocs scintillants. “ Pan ! “ Trois lettres ancrées. Trois lettres qu'il est foutrement heureux de clamer. Trois lettres qui résonnent et se cognent aux murs dans un écho soudain. Solitude d'une fin de journée balayée. “ Ça m'fait plaisir de te voir !  “ Il s'approche d'elle, quelques pas timides, il s'arrête, se stoppe, l'observe. Il ne sait pas s'y prendre pour les retrouvailles, pour les embrassades, alors, il reste à distance. “ Ça va ce soir ? Tu passais dans le quartier ? “ Comme un bambin bien trop heureux, le garçon, il laisse échapper librement ses mots. “ Tu veux p'tètre un bagel ? “ Et ça serait gratuit. Et ça serait pour lui. Il continue de sourire, bêtement, de dévoiler ses crocs scintillant, de poser sur elle, ses deux billes pétillantes.
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MessageSujet: Re: sans haine et sans remord (reese).   Ven 18 Aoû - 3:30

sans haine et sans remord.
“ft reese l'herpés :coeur:.
(finalement, j'ai fait plus vite que prévu. )

Elle le voit si grand, si jeune, si vieux, si différent, si semblable, elle le voit sans le voir. En elle, les souvenirs se multiplient, se décalquent. Le Reese d'avant prend le pas sur le Reese de maintenant, elle le voit sans y croire vraiment. D'ailleurs, ses yeux franchissent son corps frêle sans rencontrer d'obstacle : c'est sur le fond de la roulotte que son regard s'arrête. Elle le voit, mais son âme est ailleurs, loin, loin dans les affres de sa mémoire, loin dans le Styx de ses souvenirs. Il est là, quelque part, dans son lit d'étudiante, corps nu que cache à peine un fin morceau de drap, juste pour l'apparat. Ils se donnent entre deux étreintes, ils se dévoilent parfois dans de longs silences, cela n'était pas censé durer. Puis un beau jour, sans qu'elle ne sache pourquoi, sans qu'elle ne puisse poser le doigt sur la réponse qu'elle attend, Pan' s'attache. Elle se lie à lui dans une douceur timide, elle s'abandonne. Oh, là voilà qui regrette. Il est trop tard pour s'oublier.

Il sourit, dévoilant ses dents incroyablement blanches, toutes droites sorties d'une pub freedent white. S'il a changé - un peu, il n'en demeure pas moins cet homme soigné qui l'a faite craquer. Reese n'a pas l'air de feindre la joie : son cri résonne de l'autre côté de la rue quand il l'appelle d'un diminutif meurtrier. Pan. T'es mort. Elle l'a bien souvent tué, dans ces rêves, pointant sur sa bouche ultra bright un glock calibre neuf millimètres, "pourquoi t'as pas compris, abruti, pourquoi t'as fuis". Si aujourd'hui cette histoire ne fait plus battre son cœur, réside toujours en elle cette plaie à demi cicatrisée. Ça lui fait plaisir, de la voir. Cette réplique lui tire un demi sourire, quand elle s'arrête enfin sur le bord de la roulotte, pose un bras familier sur le comptoir parfaitement nettoyé. Elle n'a jamais été branchée câlin, Pandore c'est dans le regard qu'elle trace ses maux. Et ses yeux brillent intensément d'une nostalgie douce amère, mêlée d'une ivresse éphémère. Destan semble loin de son esprit, Reese l'en a éloigné l'espace d'un instant. Pandore hésite avant de répondre, craint qu'il ne se souvienne de ce tic à l'ancienne qui fait vibrer le coin externe de sa lèvre quand elle ment, puis teinte finalement sa voix d'une chaleur d'ardeur “ ouais, je passais par là. ravie de te r'voir, reese. “ elle dit, toute en délicatesse. Pandore n'est pas du genre à crier ses faiblesses à la face obscure du monde : pandore les cache, elle les enfouit sous le tapis. Jamais elle n'avouera avoir hardiment cherché sa présence, comme elle n'a jamais avoué ses sentiments d'autrefois. Pandore n'avoue pas, Pandore nie, et ce à tous les temps.

Il la regarde si intensément qu'elle en baisse les yeux, aveuglés par la blancheur de ses crocs. Quand il lui propose un bagel, elle s'aperçoit que son ventre gronde et qu'elle n'a pas nourri ce monstre depuis la matinée. Elle acquiesce, poliment, d'un mouvement de tête enfantin qui ne lui ressemble pas. “ grave, j'ai la dalle ! “ Pan' se dresse sur la pointe des pieds pour admirer les ingrédients qui trônent fièrement sur la cuisinière. “ boeufs poivrons, ça s'fait ? “ elle demande, ingénue. “ ça fait longtemps que tu bosses là ? t'as repris un commerce, où l'idée vient de toi ? “ Il l'intrigue, l'interroge, puis peut-être qu'au fond d'elle, là-bas, loin, très loin dans les méandres de son cœur, elle cherche à savoir depuis quand il est là, si près, tellement près, sans donner de nouvelles. Pan', elle ne lâche rien, son visage de marbre stagne dans sa continuité, Pan', elle ne laisse pas transparaître cette rancune tenace qui fleurit dans le creux de son ventre, Pan', elle tait cette boule qui naît au fond d'elle, cette boule de beauté qui la transcende.

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MessageSujet: Re: sans haine et sans remord (reese).   Sam 19 Aoû - 0:45

sans haine et sans remord

Il est là, Reese. Il est là, non loin de son navire. Il l’abandonne un instant, jamais trop loin, jamais trop longtemps, il s’en éloigne rapidement et il l’observe. Il observe cette silhouette qui s’agite sous les auréoles artificielles, et son ombre qui glisse, la suit, pas de bruit. Il montre ses crocs, saillants, heureux. L’écho de sa voix ne résonne plus, à présent. Rien que le claquement des semelles sur le bitume pour briser le silence de l’attente. Retrouvailles impromptues de deux corps qui se sont entrelacés un millier de fois. Il se souvient encore, le garçon, des éclats de rires furtifs qui couraient sur les murs et venaient se perdre jusque dans les couloirs, des doigts qui s’entremêlaient, se serraient, se séparaient, une fois, dix fois, définitivement. Un battement d’aile qui l’avait porté loin d’elle, de ses bras. Existence en constante évolution, il traînait sa carcasse ici et là, électron libre poussé par le vent, rejeté par le monde, il ne s’accrochait jamais, il ne pouvait pas. Reese, il ne voit pas l’alchimie entre deux âmes, il ne distingue pas ce halo qui scintille et pétille autour de deux êtres qui s’aiment, s’attachent et se chérissent. C’est cruel, un peu violent sûrement. Alors, quand le garçon s’éclipse et se détache, il ne mesure pas les conséquences, l’impact de sa fuite, il s’envole, il se perd dans les nuits froides et obscures, oublie parfois les âmes qui ont souvent dansées autour de lui, balaye les visages, les sensations, les odeurs et les mots doux. Eclats de voix féminins qui résonnent et se perdent à ses oreilles, ils lui arrachent un frisson qui lui court sur la peau. Il sourit, encore, toujours, gamin enjoué. Il scrute son visage, les traits qu’il avait effleurés mille et une fois du bout des doigts. Son corps s’agite, se dresse, s’agrandit, mouvements régit par la faim et l’envie irrépressible de planter quelques crocs dans un soigneux mélange de saveurs. Ses deux pupilles pétillantes ne la quittent pas. Et elle choisit. Et il acquiesce. Le garçon s’agite sur son navire, gestes mécaniques qu’il a assimilé au fil des saisons. Il a l’agilité féline et la rapidité d’une vipère un peu trop mordeuse. Et quand les éclats lui reviennent, quand les mots résonnent à nouveau, Reese, il ne lève pas les yeux. Il se contente de laisser les traits de son visage se tordre dans un sourire  presque acide. « Non » Trois lettres, trois lettres qui sonnent et se cognent à son interlocutrice presque comme un reproche. Il inspire, s’affaire, répond. « J’pense que si j’avais pu choisir, j’serais devenu quelque chose comme astronaute, un truc du genre tu vois. » Il parle avec l’amertume d’un bambin à qui l’on aurait retiré rêves et espoirs. Gamin trop tôt confronté à son existence qui s’effrite et s’efface un peu plus chaque jour. « C’est un p’tit vieux à moitié en train de crever dans son coin qui vendait ce truc, je l’ai repris, j’ai appris sur le tas, et voilà, ça fait un an que j’pue la bouffe et que j’vois des sales gueules tous les jours. » Il dresse fièrement le précieux met de sa compagne nocturne et le glisse délicatement sous son nez. « Et toi alors, qu’est-ce que tu fous dans ce trou paumé ? » Il glisse hors de son navire et s’appuie contre sa coque frêle et branlante aux côtés de son amie noctambule, les bras croisé sur sa poitrine, solide rempart. « T’avise pas de me mentir, j’ai bien vu, avant, qu’ça allait pas. » Ses lèvres dessinent un léger sourire. « J’suppose que tu t’es pas perdu par hasard dans le coin, qu’est-ce qui va pas ? » Reese, il a l’œil pour discerner les perles salées qui ont roulées sur des joues rougies, les pupilles humides qui tentent d’évacuer un trop plein d’émotions, de rage, de haine, de peur.
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MessageSujet: Re: sans haine et sans remord (reese).   Sam 19 Aoû - 16:02

sans haine et sans remord.
“ft reese l'herpés :coeur:.
Elle a peur, la poupée. Elle a la peur et la rage. Elle sent bouillonner en elle les tourbillons de la lave qui se déversent au fond de son palpitant. Elle brûle de l'intérieur, Pandore, elle se meurt. Le trop plein d'un amour vénéneux la rend même contagieuse. Elle vient déverser un peu partout cette détresse qui la suit comme son ombre, elle vient partager avec autrui sa haine de la vie. Reese la regarde, la fixe, son regard doux et froid en même temps se visse sur elle pour ne plus la quitter. En un sens, ça lui fait peur, à Pandore, qui se voit repartir en un arrière délicieux, quand son présent la hante d'une voix désagréable qui crie son nom. Destan. Cette ombre la dévore, s'en empare, la griffe et la mord. Il la désarticule, sa poupée, en fait ce qu'il en veut. Elle est brinquebalée comme un fétu de paille dans la tornade, elle est dépossédée de son corps qui la tenaille. Alors elle essaye de se raccrocher à quelque chose, la poupée, quelque chose d'aussi absurde qu'un bagel qui la fait saliver.

Son "non" sonne désespoir. Elle voit ses crocs qui se cachent à nouveau derrière la finesse de ses lèvres, elle voit son sourire qui pâlit quand il aborde sa vie. Il s'affaire à son bagel, et Pandore se demande à juste titre si c'est pour son bon plaisir ou pour y déverser ses désolations. Bagel goût regret, elle va tenter, la poupée. Quand il parle astronomie, son visage féminin se lève vers la voûte céleste qui les entoure, qui leur offre une obscurité appréciable et confortable dans laquelle épancher leurs désolations. Elle a toujours apporté une grande importance au cadre de ses confessions. “ J'espère que ma belle gueule t'apporte un peu de réconfort.  “ Elle dit, quand son visage se tourne à nouveau vers Reese, l'ombre d'un sourire y déposant sa marque. Pandore pue la compassion, elle en oublie un peu le spleen qui la tiraille. Si elle n'apprécie pas souvent l'altérité, là, dans l'obscurité de cette belle nuit, elle se laisser aller, la poupée. Il n'est pas n'importe qui, et la douceur de ses souvenirs l'entraîne vers de douces mélancolies. Reese et ses déboires, Reese et son grain de voix, Reese et ses douces mains qui s'affairent en cuisine. Reese qu'elle ne lâche plus des yeux, Pandore, tant il lui rappelle de beaux souvenirs, tant il l'extirpe de son envie de mourir.

Le bagel tant désiré se dresse devant elle, brillant de graisse, coloré comme il faut, aux fines effluves qui lui chatouillent les narines. Elle s'en empare comme une morte de faim, elle s'en empare pour se raccrocher à la vie, et elle croque dedans avec une avidité éprouvante. Elle se fatigue à manger, elle se fatigue à parler, elle se fatigue pour oublier. “ Putain Reese, tu m'avais caché tes talents de cuisinier !  “ Elle dit, un peu trop fort, un peu trop vite, un peu trop quoi. Elle dévore, Pandore, elle mange tout d'une traite, en oublier de mâcher, en arrête de respirer. Elle s'imaginait pas qu'il y avait un si gros trou à combler dans le fond de son estomac.  “ C'était trop bon.  “ dit-elle, les lèvres encore humides de son appétit, alors qu'elle vient de finir le bagel en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Elle en a presque pas entendu ce qu'il lui a dit, et quand elle revient à la vraie vie, elle tressaille d'avance. Elle n'est pas femme aux aveux, elle veut surtout oublier. Il la questionne, la mitraille d'interrogations diverses et variées, comme un vrai flic embusqué. Son sourire se fait la malle, et son visage retrouve la pâleur de son marbre. “ T'as fini ta soirée ?  “ Elle esquive, peut-être, elle esquive la vérité pour se rouler dans la douce moiteur de l'oubli et du déni. “ J'irais bien boire quelques pintes au austin's, si ça t'dit.  “ T'esquives qu'un temps, l'alcool te fera parler.

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MessageSujet: Re: sans haine et sans remord (reese).   Dim 20 Aoû - 17:15

sans haine et sans remord

Elles chatoient et se meurent au-dessus de leurs petit corps. Un millier de brasiers stellaire qui brillent et flamboient accrochés sur leur voile noir. Il aimerait bien, Reese, aller à leur rencontre, flirter avec les étoiles comme il côtoient les cafards ici-bas. Le silence absolu, l’infinité spatiale qui se mêlent et s’entremêlent à l’existence humaine, vie éphémère, corps périssables. Mais elle lui rappelle, Pandore, oiseau nocturne venu se perdre jusqu’à lui, que sa carcasse terriblement fragile tournerait en une multitude de particules rongées par le temps et la vieillesse, qu’il est bien là, sur cette planète, qu’il vit, qu’il sert, qu’il croupit. Ses doux éclats de voix viennent lui arracher un sourire. Pas de réponse. Mais il le pense, le garçon, il sent remuer en lui la joie de retrouver une âme familière, des traits qu’il a cent fois contemplé, la chaleur d’un corps venu chasser la solitude fourbe et froide qui rôde depuis bien trop longtemps non loin de sa carcasse. Jamais les mots ne lui échapperont. Il les gardera précieusement, avare de compliments et de sentiments. Il se contente d’esquisser un léger rictus au sens un peu vague. Il la voit, lionne affamée, planter ses crocs dans son précieux met. Elle arrache et mâche, étouffe sa faim, apaise les grondements sourds d’un estomac bien trop vide. Reese, il lui glisse quelques mots à l’oreille. Ils résonnent et se mélangent aux bruits de mâchoire qui broient et lacèrent les quelques bouchées de ce repas inattendu. Il l’observe de ses deux pupilles pétillantes. Il balaye les compliments, propos enchanteurs qui flatteraient l’égo du premier venu. Le gamin, il les a repérés, il peut presque encore discerner le chemin qu’elles ont tracé sur le visage de son amie. Quelques perles salées qui ont couru sur ses joues pour mourir plus loin, balayées par un revers de main peut-être. Il ne se répète pas. Il le sait, qu’elle l’a entendu, que ses mots ne se sont pas perdu. Il attend. Et, finalement, l’écho de sa voix résonne entre les murs. Ses yeux se posent sur son poignet où s’enroulait, serpent artificiel, serpent de plastique, une montre. Sa journée s’achevait. Les esprits s’endormaient, les corps s’enroulaient paisiblement dans les draps, s’enlaçaient parfois. Il acquiesce d’un mouvement de tête. « J’vais fermer et j’arrive. » Le capitaine abandonne son navire. Tas de ferrailles échoué sur une plage de béton et de pavés pour quelques heures à peine. Camionnette délabrée qui, il le sait, jamais n’attirera les voleurs sournois perfides qui rôdent dans la pénombre des heures avancées de la nuit. Il s’agite sur cette carcasse mouvante, il se remue, ferme les accès, et, finalement, se plante devant son amie. « J’paye ma tournée. » Ses yeux ne quittent pas les traits fins et parfaitement dessinés de son interlocutrice. Ses crocs scintillent à nouveau dans un rictus moins prononcé, moins étiré.  « On va dire que c’est pour fêter nos retrouvailles. » Bien plus joyeux que de noyer son désespoir dans quelques litres de liqueurs amers qui vous brûlent et vous rongent. Les corps se mettent en mouvement, s’agitent sous ce voile scintillant, deux âmes qui errent et déambulent, deux oiseaux de nuit qui cherchent à se poser pour quelques heures seulement. « T’sais que t’arrivera pas à éviter le sujet tout la soirée ? Il y a bien un moment où tu devra m'en parler, j'vais pas te laisser partir alors que t'es arrivée dans cet état. »  Ses yeux se perdent au loin, il cherche, il cherche l’enseigne lumineuse qui brise la pénombre, les carcasses ivres qui se tiennent aux murs, aux autres, au sol.
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MessageSujet: Re: sans haine et sans remord (reese).   Lun 21 Aoû - 4:27

sans haine et sans remord.
“ft reese l'herpés :coeur:.
Il fait complètement nuit, maintenant. Le marbre pâle de la poupée sort de l'ombre comme un éclair, elle illumine l'obscurité quand les cheveux sombres  de reese se mêlent au noir qui les irise. Il y a comme une pause dans leur nuit, une passade  dans leur ennui. Ils se mêlent aux ténèbres, leur désespoir en bandoulière, ils surnagent en enfer, tentent d'illuminer leur vie. C'est des gamins perdus, des gamins du siècle, des gamins qui portent sur leurs frêles épaules toute la déchéance de leur humanité. Alors ils essaient d'oublier, parfois en vain, quelques-fois cotoyant un frêle succès, mais toujours volant autour d'eux - vautours affamés - les prémices du lendemain.

Il s'exécute, ferme son commerce itinérant, ne tarde pas, s'affaire autour d'elle comme un papillon autour d'une frêle lumière. Elle le suit du regard, parfois, d'autres fois elle s'oublie au creux de la nuit, jette des yeux hagards sur les quelques passants qui vagabondent autour d'eux. Ils marchent vite, tous, happés par le malheur qu'entraîne la nuit. Têtes baissés, pas feutrés, ils sont des ombres qui s'éloignent, emportés par un courant trop fort pour eux, ils se perdent dans l'horizon et tu les oublies - éclipses éphémères au creux de ta vie.  Il propose de payer sa tournée, Pandore acquiesce de la tête, elle se laisse faire, démunie. Ca lui fait du bien de lâcher un peu du lest et de confier son destin à des mains plus aguerries. Et puis elle se dit que c'est un moyen comme un autre de rattraper les minutes, les heures, les éternités de silence, les coups d'oeil sur le téléphone, souffle retenu, à prier pour un message, une nouvelle, et puis les craintes, les peurs, les terreurs de la mort, de sa mort, celle qu'elle a tant redoutée, puis tant espérée. La rancune a quitté le doux confort de son corps, une tendre indifférence l'a cueillie, mais rien n'empêchera jamais les foudres de la colère de transparaître au fond de son oeil clair. Fêter les retrouvailles. Au fond d'elle, Pandore claque ses crocs très forts, elle se retient de ne pas briser le délicieux entrain qui les mène au austin's. Tant pis, tout ça a perdu de son importance. Descendu de trois étages, Reese a quitté son piédestal, celui sur lequel il a trôné pendant quelques années. Mais elle ne s'en cache pas - pour une fois, elle illumine de cette joie qu'elle a de le retrouver, de revoir ce visage qu'elle a tant aimé quand elle se noyait dans ses bras. Inadmissible tant son coeur palpite de haine et d'amour à la fois. Alors, Pandore, elle s'orne de son plus beau sourire qu'elle lui balance au visage. “ Ca fait bien longtemps, va nous falloir descendre un paquet de verres pour fêter ça dignement. “ Elle annonce la couleur, la poupée, le futur massacre à mains armés des peurs qui lui tenaillent les entrailles. C'a a toujours été sa solution, la seule qu'elle ai trouvée : noyer dans des mètres de whisky toute l'agonie qui crie et se déverse dans ses veines attrophiées.

Ils entament le périple qui les mène au lieu du crime. Une douce brise les berce et les enveloppe d'une chaleur apaisante, quand l'éclairage des astres se fait le guide de leur oubli. Elles les mènent, les malmènent, les emmènent. Elles sont de fidèles alliées à toute personne désespérées. Et lui, il tente en vain de te faire parler. “Je suis arrivée en pleine forme, qu'est-ce que tu dis ! “ Là, c'est même plus du déni, c'est carrément une calomnie. Elle sait, la poupée, qu'il ne la croira pas, elle le sait rien qu'à la flamme qu'elle lit dans son regard, elle attend, simplement, d'avoir commandé de quoi noyer sa gorge dans des alcools monocordes, d'avoir tué d'emblée les quelques regrets qui pourraient la pousser à se terrer dans ce silence meurtrier. Elle étouffe, Pandore, de ce mutisme qu'elle abhorre. Elle voit enfin l'enseigne, l'eldorado de sa prostration, l'eden de ses afflictions, elle accèlère le pas, elle court, presque, à en oublier la présence de Reese, tant l'alcool passe en premier. Elle se jette sur le bar, elle commande d'emblée un mètre de shooter, peu importe s'il en prend, elle est bien capable de s'en occuper seule, l'habituée. Ils arrivent devant elle, les mini-verres tant attendus, elle s'en enfile trois avant de se retourner vers lui. Il est beau, encore plus beau dans cette lumière rougeâtre qui fait flamboyer ses pupilles. Elle en oublierait ses confessions, Pandore, elle en oublierait jusqu'à son nom. “Tu sais, on était des gamins à l'époque, des gamins éperdus, un peu paumés, des gamins désespérés. J'ai pas évolué d'un pouce. La seule chose qui a changé, c'est peut-être que j'me suis enfermée dans une prison dorée et je me bats toute seule, toute seule contre plus fort que moi. Boarf, ça passera. “ Elle hausse les épaules, Pandore, elle regrette déjà la litanie ridicule qu'elle vient de balancer au vent, et qui se perdra sitôt happée, là bas, quelque part, en plein vol. Elle hausse les épaules, mais comme si sa bouche enfin décousue ne pouvait plus s'arrêter, elle poursuit sur sa lancée. “Ce n'est pas seulement pour ça que je suis venue te voir, ça m'trottait dans la tête depuis ces messages. J'avais bien envie de voir ce que t'étais devenu, toi aussi, si t'étais toujours comme moi enlisé dans tes souvenirs et tes défaites. “ Elle parle trop, Pandore, elle n'arrive plus à épancher la soif de ce flot qui la submerge. Alors pour empêcher sa langue acérée de sortir de sa cachette, elle remplit sa bouche d'un shooter de plus. Ca lui brûle l'estomac, et elle sent enfin la vie qui revient en elle, qui la dévore, Pandore.

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MessageSujet: Re: sans haine et sans remord (reese).   Mar 22 Aoû - 17:01

sans haine et sans remord

Il le sait, Reese, il le sait qu'il lui faudra se battre, lutter une bonne partie de la nuit pour espérer entendre son amie siffler quelques mots vrais et sincères. Il pourrait s'éclipser, se fondre dans la pénombre et glisser le long des murs jusqu'à son foyer, effacer ses traits de son esprit, s'enrouler dans ses draps et s'abandonner à Morphée. Mais il est pas comme ça, le garçon. Il n'aime pas épiloguer, il n'aime pas délaisser. Alors, il reste, il lui souffle quelques mots doux à l'oreille, quelques propos qui arracherait un sourire au plus grincheux, au plus haineux. Une tournée payée, quelques verres pour noyer le désespoir d'un soir, balayer les rictus qui tordent les lèvres dans des grimaces un peu tristes, essuyer les perles salées qui s'entassent sous les pupilles et n'attendent qu'une légère brèche pour s'y engouffrer et courir sur les visages. Il se justifie, crache un argument, cherche une raison à ces litres de liqueur qui tapiront leur œsophage et brûleront leur estomac d'une chaleur puissante. Douce anesthésie pour apaiser les maux, léger voile qui effleure et endort les esprit, seulement quelques heures, avant que les démons ne reviennent plus mauvais, plus sournois. L'alcool court dans les corps et ouvre les coeurs. Le gamin, il n'insiste pas, il ne lui arrache pas les mots, il sait qu'après quelques gorgées de ce délicieux poison, son amie, elle laissera baver deux ou trois détails, peut-être une histoire, sûrement moins. L'air est doux. La nuit propice aux brèves confessions, aux regards empathiques, aux souvenirs que l'on déterre et que l'on remet sur la table. Les carcasses se meuvent dans les ténèbres, les ombres glissent sur le bitume tandis qu'ils avancent vers leur refuge, l'illusion de se sentir en sécurité, loin de tout, loin du monde, de laisser aux portes de ce bar, les démons qui rôdent et rongent les plus meurtris. Elle accélère. Ses cheveux tanguent légèrement de gauche à droite, lui chatouille les épaules et se laissent porter par une brise légère qui caressent les visage. Reese, il ne se cale pas à son rythme, il garde le sien, lent, les pas légers. Les effluves de liqueur qui s'entremêlent à la sueur et au désespoir de quelques âmes errantes, perdues, viennent lui chatouiller les narines. Il s'échoue jusqu'au bar où son amie butine sauvagement le précieux nectar que son corps réclamait depuis un moment maintenant. Il l'observe. Ne la lâche pas des yeux. Il est triste, le garçon, ça lui retourne l'estomac de voir celle dont il s'était épris tenter de noyer ses serpents dans quelques verres. L'éclat de sa voix se perd, se fond, s'entremêlent aux râles et aux rires. Il se pince les lèvres. Il ne dit rien. Il se contente d'attraper un petit cylindre de verre entre deux doigts, avalant rapidement le liquide qui tanguait et l'appelait. Il grimace, ses lèvres se tordent sous l'amertume de la liqueur qui lui chatouille les papilles et humidifie son palais. Il prend les quelques mots de son amie qui se perdent, ne résonnent que pour lui.  “Je suis toujours un peu paumé, j'ai pas évolué, j'me décompose dans ma propre existence pendant que les autres, autour de moi, bâtissent des putain de forteresses, des vies de rêve, moi, j'reste dans les égouts à attendre qu'un truc me tombe dessus en me demandant si cette fois, j'y passerais définitivement.“ Et il boit. Et il se laisse glisser.  “T'es pas toute seule, on est des milliers à s'être enfermés dans des cages en pensant que de toute façon, tout est beaucoup plus fort que nous, qu'on aura beau lutter et se battre, on finira toujours la gueule abimée “ Reese, il inspire. Les images défilent devant ses yeux comme un mauvais film dont on ne peut échapper. Les éclats de voix qui résonnent entre les murs, les ténèbres, la peur, les pleurs. Un frisson court le long de son corps, lui glace les os, le paralyse. Il attrape un verre entre deux doigts, l'avale rapidement. Il savait, avant de s'échouer dans ce bar, qu'elle ferait remonter à la surface quelques mauvais souvenirs, chimères perfides et sournoises qui enlacent le garçon depuis bien trop longtemps, maintenant. Il ne se souvient plus, il ne se souvient plus de lui avoir craché quelques morceaux de son existence, quelque part sous une couettes, dans ses bras.  “T'as bien fait de venir, t'es plus seule maintenant, Pan, je suis là, tu peux te reposer sur moi, j'taiderais tant que je le pourrais.“ Éternellement, jusqu'à la mort sûrement.
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MessageSujet: Re: sans haine et sans remord (reese).   Mar 22 Aoû - 21:30

sans haine et sans remord.
“ft reese l'herpés :coeur:.
L'horloge a sonné l'heure des confessions. Elle pleure, Pandore, elle pleure en son for intérieur. Elle pense à Destan, quand elle parle, elle a ce flot de paroles qui crie son nom, ce déferlement de mots qui s'ombrent de sa présence fantôme. Cette hantise qui la brûle et la dévore - un homme, et puis plus rien. Elle se vide de l'intérieur, la poupée, on l'a dépouillée. Elle n'est plus qu'une créature errante, quand il n'est pas avec elle, plus capable de parler, à peine de marcher, elle a perdu son auréole, et elle vagabonde, iris vides, sur les confins du monde. Et quand elle le perd, ne serait-ce qu'un peu, elle sombre cette fois, elle se laisse aller, va se terrer dans son enfer, elle se brûle et se perd. Chaque image de lui au bras d'une autre poupée écervelée la torture, la dénature, la défigure ; c'est tant de coups de poignard dans l'estomac, et elle se meurt, la martyre, sans personne pour être là. Alors pour une fois, elle se réfugie dans des bras amicaux qui l'ont serré maint et maint fois, dans des émois perdus depuis longtemps, dans lesquels elle était bien, dans lesquels elle se vautrait. Enfin une présence pour la tirer de son enfer. Et quand elle l'entend parler de lui, pour la première fois depuis longtemps, elle se sent enfin comprise. Alors elle sourit, Pandore, elle a ce vrai sourire qui n'a plus orné son visage depuis une éternité, sourire peu à propos quand on parle de désespoir. Il fallait bien Reese pour le lui rendre, et nul cadeau n'aurait su davantage percer sa carapace dorée.

Alors elle l'écoute, Pandore, elle dévore les mots au fil de leur écho. Ils volent dans l'air, elle les attrape d'une main habile, les mâche et les remâche, les comprend et les façonne, leur donne de la valeur, les dote d'une pensée. Elle cherche, la belle, elle cherche un sens à tout ce bordel. Elle s'entend en lui, et elle prie pour qu'au moins l'un des deux s'en sorte, pour que de leur désespoir naisse l'euphorie. Elle aimerait que ce soit lui, elle a l'habitude de se noyer, la poupée, elle est prête à attendre encore un peu, encore longtemps, elle est prête à laisser couler son corps trop lourd, cette carcasse inhumaine, jusque dans les bas fonds de l'océan, là où elle se recueillera dans un calme apaisant. Parfois, ça lui fait envie. Elle écoute toujours, Pandore, elle n'oublie pas la vraie vie. T'es plus seule, Pan. Son regard se tourne vers lui, acide et amer à la fois, ce genre de regard qui vous glace le sang et vous effraie tout en vous ravissant. Ce genre de regard double et traite, qui cherche à capter la vérité sous une mer de mensonges. Elle y croit pas, la poupée, elle se demande où est la caméra cachée. Mais quelque part, au fond d'elle, la petite fille qu'elle était dans ses bras se réveille, et une lumière d'espoir se faufile et serpente jusqu'à son petit coeur cabossé. Elle prend un shooter, elle boit, elle boit pour tout oublier, pour ne pas laisser le flot des souvenirs amocher encore un peu les résidus de sa contenance. Elle aurait voulu qu'il soit toujours là, mais il a fuit, il l'a lâché, il l'a laissé seule devant la gueule béante des monstres - abandon, désespoir et regrets teintés de prostration. “J'peux me reposer sur toi jusqu'à ta prochaine fuite, c'est déjà ça. “ Elle est amère, Pandore, la détresse la désole, la haine la console. Elle se sent idiote de jeter son fiel sur la pauvre ombre qui lui tient compagnie, elle se filerait des gifles, alors elle noit ses rancoeurs dans les deux derniers shooters. D'un geste de la main, elle en recommande un mètre. Elle pardonne pas, Pandore. “On est parfois mieux dans les égouts, la lumière est aveuglante. Dans tous les cas, je crois que les flots sont trop forts, on se laisse emporter et en s'éclate sur un rocher. “ Elle rebondit sur leur ancienne litanie, en oublie un instant le fiel qui ne demande qu'à couler encore, encore, en un flot ininterrompu, par vagues amères poussées par la mort si proche qu'elle peut la frôler du bout des doigts. “J'étais bien avec toi dans tes égoûts. Un murmure, un shooter goût regret.

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MessageSujet: Re: sans haine et sans remord (reese).   Sam 26 Aoû - 16:45

sans haine et sans remord

Ils transpirent l'alcool. Éclats de voix imbibés de liqueur qui se perdent aux oreilles du monde. Des mots lancés comme des bouteilles à la mer qui n'attendent que d'être entendus, assimilés, écoutés. Il fuit ce genre de soirée, Reese. Comme un chat esquive l'eau, le garçon, il rase les murs, loin de ces coins où se mêlent joie et tristesse, espoirs et déboires. Il évite ces nuits passées au bord du bar à baver quelques insultes entre deux verres, à laisser tourner le monde un instant, à fuir la réalité, les responsabilités, narguer la vie et flirter avec la fin. Ils se suspendent comme des prisonniers au bout d'une corde, à ce bois sale et souillé de multiple liquides. Ils attendent, on ne sait trop quoi, on ne sait trop qui, mais ils sont là, à enlacer de leurs doigts les cylindres de verres où ondulent de délicieuses liqueurs.  Ils flottent un instant, se laissent porter par l'ivresse et cherchent sans jamais trouver. Alors, quand ils perdent de l'altitude, quand le sol se fait trop proche, ils refont le plein, une tournée de plus, quelques heures de répit. La tentation de rejoindre leurs rangs, de se laisser glisser avec eux, parfois, se faisait plus vive, plus forte qu'à son habitude. Il luttait, Reese, il luttait pour ne pas pousser les portes grinçantes de ces lieux sinistres aux heures les plus sombres. Mais il a cédé, ce soir, aux côtés d'un oiseau au plumage obscur, lugubre apparence dissimulée sous les éclats des lampadaires. Il s'est laissé entraîné loin des halos artificiels, il a troqué les billes pétillantes qui fendaient le ciel de leurs faibles lueurs pour quelque chose de plus ardent, quitte à s'y brûler les ailes. C'était son amie, après tout, il ne pouvait la laisser se passer la corde au cou, il ne pouvait la laisser descendre seule des litres pour combler le vide, faire taire les maux. Alors, il est là, appuyé contre ce bar crasseux et collant. Il ressemble à ces âmes flottantes qu'il redoute tant. De temps en temps, il jette un oeil autour de lui, il détaille les visages, les larmes qui perlent parfois, les crocs qui scintillent souvent, les éclats de rire qui transpirent le mensonge, et il grimace, ses lèvres se tordent en un rictus de gène, son esprit lui hurle de détaler, mais il reste, question de loyauté il parait. Et il parle. Des mots comme de petites gouttes qu'il jette pour étouffer le brasier qui ronge et détruit son amie. Des propos lancés comme des mains tendues pour tenter de la tirer vers le haut, la sortir des ténèbres, en vain. Elle attrape les shooters, précieuses bouées percées qui l'entraînent et la tirent un peu plus. Et elle bave. Et elle crache. Douloureuse épine qui se plante et arrache à Reese un sourire amer. Il ne dit rien, le garçon, il laisse la vipère mal-aimée pester et répandre son venin. Évidemment qu'il ne voulait pas s'éclipser, évidemment qu'il ne voulait pas s'arracher à ses bras, laisser un vide dans ses draps. Elle continue sur sa lancée, et, entre deux verres, laisse échapper quelques propos qui glissent jusqu'au gamin et lui courent sur la peau en un désagréable frisson. Il attrape rapidement un shooter, laisse la liqueur atteindre son estomac et se lance. “Je voulais pas te laisser.“ Il ne la regarde pas. Ses pupilles pétillantes détaillent les nombreuses rayures et brèches qui fendent le bois vernis du bar. “Mais j'étais obligé.“ C'était vague. C'était pas clair. Mais il est comme ça, Reese, il ne s'étale pas, il ne s'excuse pas, il ne laisse pas entrevoir les dessous de sa solide carapace. “J'étais pas bien, moi, dans mes égouts, j'aurais aimé en sortir, j'aurais aimé voir la lumière, voir les belles choses qu'un gamin devrait vivre, j'aurais aimé être aveuglé, ne pas voir la réalité, toutes ces choses immondes qui nous entourent.“ Il fait le plein, le gamin. “Sauf que j'ai jamais trouvé la sortie, je continue de me perdre, j'ai abandonné l'idée, d'un jour, voir le bout du tunnel, alors j'essaye de survivre dans toute cette merde.“ Il est acide, Reese. Le sombre plumage de son amie coule et s'écoule sur lui, il glisse à son tour. “Pourquoi tu restes enlisée dans tes souvenirs, Pandore ? Pourquoi on est là à remuer le passé, à détruire l'avenir, alors que tu pourrais rentrer chez toi, retrouver je ne sais qui, faire je ne sais quoi ? “ Nouveau verre. “Dis-moi, Pan, pourquoi t'es venu me voir en sachant que ça allait faire remonter des choses toxiques, tu fuis quoi ? tu fuis qui ? “ Et il pose finalement ses deux billes pétillantes sur son amie. Il le sait que sa gronde, il le sait que ça la détruit, violente tempête qui tourne et tourne au creux de son ventre.
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MessageSujet: Re: sans haine et sans remord (reese).   Dim 3 Sep - 18:52

sans haine et sans remord.
“ft reese l'herpés :coeur:.
Il y a tant de désespoir dans les abysses. Tant de couloirs sombres dans lesquels des ombres déambulent, errent sans but et sans ami, esseulés et fatigués. Ils ont les traits qui se tirent, la face qui s'étend jusqu'au sol, ils ont la mort dans les yeux, la fin dans l'âme, ce je ne sais quoi qui transpire dans tous les pores de leurs peaux spectrales et fades. On voit du lointain, de l'horizon éteint qu'ils n'ont plus le goût de la vie, que leur pas s'étirent sans conviction, que plus rien en eux ne croit en rien. Et puis c'est la fin. Image apocalyptique d'une jeunesse égarée au fin fond d'un avenir trop étroit quand ils rêvent de grandeur. A défaut de s'y perdre, ils pourraient y moins s'y agrandir. Ils n'ont rien de tout ça, sinon la petitesse de rues malfamées, d’impôts surtaxés, de jobs esclavagés, bref, de ruines trop prévisibles. Et derrière ce futur extrêmement dur se cachent des ambitions trop tôt avortées. Reese et Pandore sont de ces ombres qui vagabondent dans les bars miteux desquels ils espèrent tirer un peu de réconfort - naïve idylle, petit espoir au sein d'un présent trop noir.

Il ne la regarde pas, wheeler, il laisse ses yeux déambuler - eux aussi sans se fixer - sur le bois collant d'alcool du bar sur lequel ils sont accoudés. Il voulait pas, dit-il. Accroché aux contraintes qui toujours les enserrent, les étranglent, les désespèrent, cette jeunesse perdue ne veut jamais rien de ce qui lui arrive. Elle subit une vie non voulue, elle endure dans le silence. Et là, dans le calme olympien d'un bar à moitié vide, le silence se rompt, éclate, explose en de multiples paroles, des sons qui se perdent, là-bas, au loin, qui sont à peine captés puis disparaissent dans le noir. Des syllabes murmurées, chuchotées, à peine audibles, des voyelles qui se dessinent dans l'air pour se dissiper au milieu des effluves du whisky. Il ne reste plus rien que la mélancolie d'un passé qui n'a guère laissé de prise sur lesquelles se raccrocher, mais qui aujourd'hui encore mouille ses yeux féminins de larmes trop salées. Elle s'oublie, Pandore. Elle dévore ses paroles masculines et mélodieuses tant elle se perd dans cette voix qu'elle avait oublié. Si son visage brille encore sur le piédestal de ses souvenirs, l'ouïe avait complètement disparu de sa mémoire. Il parle, beaucoup. Il dévoile un peu de son cœur, un peu de cette âme qu'il lui avait jamais laissé deviner, à la blonde qui lui fait face. Il ne l'avait jamais laissé pénétrer dans l'antre chaud de ses pensées. Alors elle y va, la poupée, elle fonce sans se poser de questions, sa bouche s'entrouvre même tant elle se satisfait de deviner un peu de cet être mystérieux qu'est Reese, là, face à elle, qu'elle a déjà tant approché dans des moments d'orgasme mais qui la toujours laissé chancelante aux portes de son âme.

Et puis, c'est le drame. Et puis, ce sont des questions à percussions, de ces questions qui font écho dans le crâne de la blonde, qui la bouleversent, la terrorisent, qu'elle tente de fuir par le biais de l'alcool mais qu'il lui assène, à nouveau, lui, l'empêcheur de l'oubli. Il est brutal, Reese. “Je fuis la lumière, moi.“ Ils sont aux antipodes, les deux amis. Ils en négligent leur véritable but, sensiblement le même, cet objectif que recherche toute cette jeunesse dorée, ce bonheur tant espéré. Elle fuit la lumière, quand il donnerait tout pour sortir de l'ombre. Mais il oublie que la lumière tourmente les spectres. “La lumière, tu crois qu'elle aveugle, mais tu te trompes, crois-moi. Loin de là, même. La lumière, elle te révèle précisément ce que tu veux fuir et ce qui te fait peur. Elle te fout sous les yeux toutes les horreurs de notre monde, et tu peux même pas fermer les yeux pour oublier, pour rester dans le déni qu'est ta vie. Une fois que t'es dans la lumière, t'es foutu Reese.Tu ne lâches pas son regard dans lequel il a plongé le tien, Pandore, tu te ressources dans l'ombre qui parsème ses iris. L'avenir, il te tend les bras, t'as encore tant à découvrir toi, t'as la lumière à venir.“ Elle, elle a déjà vu tout ça. Elle sait, Pandore, la vérité sur l'univers. Elle avait l'espoir, quand elle était dans l'ombre, de découvrir un autre monde. Cet espoir s'est envolé quand elle a vu que c'était tout aussi noir de l'autre côté - juste un peu plus brillant, un peu plus pailleté, mais peut-être même plus sombre encore, une fois cette couche retirée. Elle en oublie Destan, seul Reese désormais revêt de l'importance. Reese et sa voix chaude, Reese et ses yeux d'ombre, Reese et ce réconfortant sourire qui la ramène des années auparavant, quand encore, elle avait l'espoir au fond du cœur. Ça lui paraît un millénaire.

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