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intrigue : concours de tee-shirt mouillé au festival palazza

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 Be forever young.

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MessageSujet: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 2:08


nina s. rosario.
But these people raised me and I can't wait to go home.

► âge. 24 ans.
► job/étude. hôtesse d'accueil au Residence Inn.
► naissance. 28 juin 1993, à Santa Monica, Californie. Nationalité américaine.
► statut. Célibataire, pour le moment.
► classe sociale. Classe moyenne. Les fins de mois ne sont pas hyper facile, mais elle arrive quand même à avoir un peu d'argent de côté et à faire quelques sorties avec ses amis.
► orientation sexuelle. Bien qu'elle se clame hétérosexuelle, elle n'est pas non plus totalement fermée aux femmes.

► groupe. Ballad of broken heart.
► avatar. Rosie Tupper.

Mrs Valmont, institutrice, 1999
Nina est une élève désireuse d'apprendre. Attentive, elle écoute et respecte les consignes qui lui sont données. Elle s'applique et s'implique beaucoup dans les tâches qu'on lui demande de faire. Cependant, Nina a tendance à bavarder avec ses camarades de classe quand cela n'a pas lieu d'être.

Ross Wilmerdan, ex-meilleur ami, 2003
Moi, Nina, je l'aime bien ! Elle raconte toujours des blagues et elle aime sourire. J'aime les gens qui sourient beaucoup, parce que ça fait du bien. Elle sourit tout le temps, même quand il pleut. Elle dit qu'elle adore la pluie et je l'ai souvent vu aller en tee-shirt, sans manteau ou parapluie, sous une grosse averse. Elle était bien trempée quand on rentrait en classe, se faisait disputer par la maîtresse. Même si elle faisait la tête, je savais que dedans elle, elle était contente. Le lendemain, elle venait à l'école en faisant une drôle de tête. Elle me disait qu'elle s'était fait disputer par ses parents et qu'ils l'avaient punie de télévision pendant une semaine. De toute façon, il n'y avait que des trucs nuls à la télé, alors, elle s'en fichait un peu. Et que s'ils voulaient vraiment la punir, il fallait la priver de sorties. Mais ça, elle ne leur a pas dit. Parce que ses sorties, c'est de venir me retrouver au parc du coin et de venir taper dans un ballon. Parfois, on grimpe aux arbres, on s'assoit sur de grosses branches et on se raconte des blagues. Tout le monde dit qu'une fille, ça ne doit pas taper dans un ballon ou grimper aux arbres. Mais Nina, elle s'en fiche. Si elle veut faire ce qui lui plaît, elle le fait.  Les autres la regardent beaucoup et ils parlent dans son dos. Elle les entend, parfois, elle leur répond, mais la plupart du temps, elle les ignore. Je sais que ça la blesse un peu, parce qu'il y a des fois, où elle fait la tête et est prête à pleurer. Ça, c'est quand ce sont des personnes qu'elle l'aime qui la critiquent dans son dos.
Je l'admire beaucoup, Nina. Elle tombe, elle se relève toujours. Elle est forte, mais je crois qu'elle ne s'en rend pas compte, encore.

Arnold et Nelly Rosario, parents, 2005
Arnold - Nina n'est pas une gamine désagréable. Quand on regarde les autres enfants, on se dit qu'on a de la chance, franchement. Elle est facile à vivre et est toujours prête à donner un coup de main. Elle aime rendre service, pas comme son frère. Elle est pleine d'énergie, différente de celle de son frère. Oh non, elle n'est pas sans arrêt en train de bouger, même si parfois, il faut la refréner un peu parce qu'elle déborde d'enthousiasme. On ne peut pas dire qu'elle ne met jamais le cœur à l'ouvrage ! Quand elle fait quelque chose, elle le fait parce que ça lui plaît ! Et elle le fait avec passion. Par exemple, elle aime lire et dessiner, et quand on lui dit non, qu'elle ne peut pas dessiner ou lire (ça nous était arrivés lors de l'enterrement de sa grand-mère maternelle), elle a piqué une colère silencieuse lors de la mise en terre du cercueil. Elle a boudé toute la journée et on a dû discuter avec elle, pour lui montrer pourquoi on avait raison. Même si c'est une enfant facile à vivre, quand elle décide de bouder, elle ne le fait pas à moitié. Je crois qu'elle tient ça du côté de sa mère !
Nelly - Tu veux rire ? Toi, tu es buté comme un âne. C'est plutôt de toi qu'elle tient ça ! Si elle devait tenir quelque chose de moi, c'est plutôt son organisation obsessionnelle ! Elle est toujours en train d'organiser des choses, avec une patience infinie et une maniaquerie monstre ! Parfois, ça nous fait peur, de voir à quel point elle range sans cesse, elle planifie tout. Elle a sûrement peur de laisser place à l'imprévu. Comparée à toi, bordélique invétéré, et moi, simili maniaque, je pense qu'elle est plus proche de moi que toi. Et puis, il n'y a que quand elle décide de bouder qu'elle le fait avec entrain, quand même ! Dans ses idées, elle est loin d'être têtue. C'est bien elle qui fonce quand elle veut faire quelque chose, quitte à se jeter dans la gueule du loup.
Arnold - Elle a le goût du risque, comme son père !
Nelly - Jusqu'au jour où ça lui retombera sur le coin de la figure et qu'elle s'en mordra les doigts !

M. Jugeson, principal du lycée, 2009
En ce jour, mademoiselle Rosario a adopté un comportement qui est loin de celui que tout le monde lui connaît. Les professeurs se sont plaints de son, je cite, « mauvais caractère ». Plusieurs élèves nous ont rapporté qu'ils l'ont vu se battre avec mademoiselle Reson-Whiteley. Certains déclarent que mademoiselle Rosario serait venue à la rescousse de Ross Wilmerdan. Ce dernier nous indique que mademoiselle Reson-Whiteley l'aurait insulté et se serait moqué de son orientation sexuelle, ce que mademoiselle Rosario n'aurait pas apprécié. Il semblerait que monsieur Wilmerdan aurait tenté de s'interposer mais qu'il aurait reçu un coup, par « inadvertance », de mademoiselle Rosario. Un tel comportement au sein de notre établissement est contraire à nos règles et est sanctionné par un renvoi d'une semaine.
Mademoiselle Reson-Whiteley a été envoyé à l'hôpital pour une arcade ouverte nécessitant des points de sutures. Les parents de cette dernière ont décidé de ne pas porter plainte, jugeant que le comportement de leur fille était inacceptable et la réaction de mademoiselle Rosario était de ce fait justifié. Une discussion avec entre les parents des deux partis a été engagée. Les parents de mademoiselle Rosario se sont engagés à payer les frais de médecin de mademoiselle Reson-Whiteley que la bagarre a engendré.

Ross Wilmerdan, ex-meilleur ami, 2009
J'aime bien Nina, mais elle n'aurait jamais dû s'interposer dans cet affront. Elle aurait dû me laisser me débrouiller seul. Je crois qu'elle ne m'en pensait pas capable, mais elle ne m'a pas laissé faire mes preuves ! Elle a un trop grand cœur, elle est très gentille et généreuse avec les personnes qu'elle aime, mais là, c'était à moi de régler cette affaire. L'autre Naomi m'a ouvertement critiqué et s'est largement foutue de ma gueule quant à mon homosexualité. J'aurais bien voulu régler ça par le dialogue, ne pas recourir à la violence, mais Nina a été bien trop rapide. Naomi s'est retrouvée avec la marque de la main de Nina en travers de la joue. Bon, j'avoue, c'était drôle de voir deux filles se battre, mais bon, n'empêche ! Elle devrait arrêter de prendre la défense des autres. Ça lui en coûtera, un jour. Je dis ça sérieusement, parce que je tiens à elle.


derrière l'écran.
► ton pseudo/prénom. Je m'appelle Adélaïde, mais mon pseudo sur le net est Alinoé► pv, scénario, inventé ? Inventé à 100% !► comment as-tu trouvé JoD ? Par une pub sur Facebook. ► et t'en penses quoi ? Il claque sa mère ! ► des trucs à ajouter/améliorer ? Nope.

Partie en freestyle, vas-y présente toi.  


Dernière édition par Nina Rosario le Dim 20 Aoû - 2:27, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 2:10


tell me who you are


Potatoes
Mai 1851, Limerick
Les deux enfants semblaient rongés par le sommeil et la faim. Le garçon serrait sa petite sœur dans ses bras. Seulement trois ans les séparaient. Leur mère, une jeune femme venant à peine d'entrer dans la vingtaine, s'acharnait à passer le balai sur un sol crasseux. Ses joues creuses, son teint cireux, et le cri de douleur que lançait son ventre indiquait qu'elle aussi, subissait les mêmes maux que ses enfants. Elle essayait de tenir bon, pour eux. Pour le moment, elle arrivait encore à tenir debout, ce qui n'était pas le cas de la plupart des villageois. La plupart de la population avait été terrassée par la Grande Famine et ceux qui tenaient encore bon essayaient de passer entre les mailles du filet. Mais ils éprouvaient de plus en plus de peines à essayer d'y échapper. Certains, résignés, mettaient fin à leurs jours en se pendant dans leur cuisine ou dans leur grange.
Le petit garçon ouvrit ses yeux chargés de sommeil et dévisagea sa mère. Il tenta de sourire, mais cela ressemblait davantage à une grimace de lassitude. Il était prêt à rendre les armes, mais il savait qu'il fallait qu'il continue à se battre. « Maman, il est où papa ? » La jeune femme leva ses yeux délavés sur lui et lui adressa un sourire fatigué. Son regard se posa un instant sur la porte, désespérément close. Son mari était parti le matin même essayer d'aller glaner quelques nourritures au village. Il n'était toujours pas revenu. Elle reporta son attention sur son fils. Elle soupira. « Il devrait arriver bientôt... » « Tu disais déjà ça il y a une heure ! » Elle se mordit faiblement les lèvres, délaissa son balai et se dirigea vers ses enfants. Elle s'agenouilla à leur hauteur. « Les enfants, s'il m'arrivait quelque chose, promettez-moi que vous vous sauverez, que vous essaierez de trouver une vie meilleure ailleurs. Promettez-le moi ! » Le petit garçon regarda gravement sa mère et hocha la tête. Sa petite sœur, contre lui, suçait son pouce en serrant son doudou contre elle.
Le soir vint avec sa fraîcheur caractéristique. La jeune femme entraîna ses enfants dans une petite pièce adjacente. Deux lits recouverts d'épaisses couvertures, une petite table de nuit, une fenêtre obstruée par un rideau sombre. Le petit garçon monta mollement sur le lit de droite, la petite fille se hissa avec peine sur le lit de gauche. « Maman, tu nous lis une histoire ? », demanda la petite fille d'une voix faible. Mais la femme ne se sentait pas capable d'affronter des lignes de mots. Lire était encore difficile pour elle. « Plus tard, Madailéin, plus tard. » Elle embrassa ses deux enfants sur le front, les borda, et s'en alla.
Le lendemain matin, ils découvriraient le cadavre de leur mère gisant au pied de la cheminée. Ils partiraient le jour-même vers un ailleurs plus propice pour eux.
Ils étaient sur les routes de campagne depuis des heurs. Le ciel commençait à s'obscurcir, un petit vent s'était levé. Ils étaient épuisés, ils mourraient de faim. Ils n'avaient pas mangé depuis la veille au soir. Plusieurs fois, le garçon avait été tenté de voler un poulet, de lui tordre le cou, mais la force pour sauter par dessus les barrières des enclos lui manquait cruellement. Les maigres vivres qu'il parvenait à chiper à droite à gauche, il les donnait à sa petite sœur. Il ne mangeait que les miettes qu'elle laissait derrière elle. Ne pouvant plus faire un pas, il s'arrêta au pied d'un immense arbre. « On dormira ici, Madailéin. Je ne peux pas aller plus loin. Je suis fatigué. » La petite fille ne répondit pas. Elle serrait contre elle son doudou et se retenait avec grand peine à maintenir ses yeux ouverts. « Je veux maman ! » Le garçon ne dit rien. Sa mère aussi lui manquait. Il savait à présent que son père était mort. Papa n'était pas du genre à rentrer une journée plus tard. Il posa les bagages près de lui avant de s'asseoir lourdement sur le sol. Il invita Madailéin à venir se coller contre lui. « Il faut qu'on dorme, Maddy, on a encore de la route à faire. »
Le lendemain matin, la gamine ouvrit les yeux. Le soleil timide pointait d'entre les nuages et l'aveuglait. A ses côtés, son frère semblait encore dormir. Elle ne s'en soucia pas, se leva, et partit faire pipi derrière un arbre. Lorsqu'elle revint, elle se blottit de nouveau contre son frère. Mais il était froid. Pour le taquiner un peu, elle lui enfonça ses doigts dans les côtes. D'habitude, ça le faisait réagir. Pourtant, il resta de marbre. Elle recommença, encore et encore. Des minutes durant, elle s'acharna à réveiller son frère. « Bearach, réveille-toi ! » Elle secoua doucement son frère. Il tomba lourdement au sol. Bearach ne se réveilla pas. Elle se mit à pleurer et à hurler son prénom, dans l'espoir vain qu'il finirait par ouvrir les yeux.
C'est à ce moment-là qu'un fiacre plutôt richement décoré passa sur le chemin. Il s'arrêta sans prévenir. La porte s'ouvrit, une femme, plutôt dodue et bien apprêtée, descendit. Ses yeux se posèrent sur la petite fille qui s'agrippait à son frère, le secouait en hurlant son prénom. Elle se tourna vers le cocher qui observait la scène, un peu effrayé, un peu secoué. La femme lui fit signe de descendre et lui murmura quelques mots à l'oreille. La femme s'approcha doucement de la petite fille, s'accroupit, et posa une main réconfortante sur son dos. La femme lui adressa quelques mots que la petite fille ne comprenait pas. Probablement une anglaise qui avait eu à traiter avec les riches propriétaires terriens du coin. Le cocher s'avança à son tour, fit un semblant de révérence devant Madailéin et se mit à parler dans un irlandais plutôt fluide. « Madame Greywan aimerait ce qu'une jeune fille comme vous fait ici. » Les yeux implorants de la gamine se levèrent sur l'homme, frôlèrent le corps charnu de la femme avant de revenir au cocher. Ses mains agrippèrent encore les vêtements de feu son frère. « Papa n'est pas rentré à la maison, maman est morte. Elle nous a demandé de partir s'il lui arrivait quelque chose. Et Bearach est mort. » La femme nota le visage émacié de la gamine, la fatigue qui semblait la submerger. Elle nota cette force qui émanait pourtant encore de ce corps qui semblait peu à peu être déserté par la vie.
Madame Greywan discuta avec le cocher, qui finit par s'adresser de nouveau à la petite fille : « Madame aimerait savoir comment vous vous appelez. » « Madailéin. » Un silence pensant s'installa, percé par le chant de quelques moineaux. « Si vous le voulez bien, mademoiselle Madailéin, Madame veut bien s'occuper de vous. On prendra votre frère avec nous afin de lui offrir une sépulture digne de ce nom. » Madailéin ne savait pas ce que sépulture signifiait, mais elle accepta. Parce qu'elle mourrait tellement de faim et qu'elle était tellement fatiguée qu'elle était prête à tout pour essayer de survivre.
C'est ainsi que Madailéin O'Leary arriva dans la famille de Madame Greywan, une bourgeoise anglaise. Son frère fut enterré à Dublin, après des jours de voyage. Elle arriva à Londres plus tard, où une éducation digne de ce nom lui fut offerte. Elle fit la découverte d'un monde nouveau, elle, pauvre paysanne de son état. Elle s'accommoda plutôt rapidement à ce nouvel environnement et oublia bien vite la souffrance qu'elle avait pu subir. Son frère et sa mère n'étaient plus que des fantômes qui hantaient parfois ses nuits.

Water
Avril 1912
Le port de Southampton était noir de monde. La clameur matinale agitant les quais plus que d'habitude. La présence du Titanic éveillait une allégresse générale. Rares étaient les personnes qui n'étaient pas venues admirer l'Insubmersible. C'était un événement que la presse n'avait cessé de relater. Le paquebot avait été attendu comme le Messie et le voir ici, si majestueux, si grandiose, c'était quelque chose que l'on n'oublierait pas de sitôt.
Leanora se pressait contre les jambes de sa mère. Tout ce monde, ça l'effrayait. Elle n'avait pas l'habitude d'avoir autant de personnes autour d'elle. Même dans le manoir de son arrière-grand-mère Madailéin, il n'y avait jamais autant de monde. Quelques dames qui venaient prendre le thé et manger des scones, parfois des dandys qui venaient battre les cartes avec Jefferson, son arrière-grand-père, mais c'était tout. Rares étaient les enfants qui chahutaient dans les couloirs, se planquaient derrière un rideau pour lire ou riaient aux éclats dans les jardins. Pourtant, ce n'est pas ce qui manquait. Madailéin avait eux cinq enfants avec Jefferson : Nina, Martin, Louis, Georges et Violet. Nina avait eu trois enfants, dont deux morts jeunes. Martin et Louis en avaient eux trois chacun. Georges était homosexuel et le risque de le voir entouré d'enfants était presque nul. Violet était rentrée dans les ordres et avait fait vœu de chasteté.
Nina se tenait sur le quai de Southampton, avec Laura, son unique enfant encore vivant, et Leanora, sa petite fille. Toutes les trois avaient éprouvé le désir de rejoindre les Amériques. On disait que là-bas, la vie y était meilleure. En Angleterre, elle n'était pas si exécrable, mais des temps bien sombres se profilaient, et Nina avait entraîné sa fille et sa petite fille avec elle. Si elle pouvait sauver ce qu'elle n'avait pas pu sauver… Elle avait passé des heures à s'imaginer ce bateau, à imaginer la traversée, ce qui les attendait de l'autre côté de l'océan. Une impatience contenue brûlait en elle.
Toutes trois s'avancèrent vers la passerelle qui les menait à l'intérieur du Paquebot. On vérifia leurs tickets, on leur demanda si elles avaient des poux. Non, les femmes n'en avaient pas. Traînant leurs valises derrière elles, elles cherchèrent leur chambre. Elles dormiraient toutes les trois ensemble. En seconde classe, elles avaient voulu garder un petit pécule pour la vie aux États-Unis. Et puis, de toute manière, Madailéin leur avait enseigné l'humilité, et leur avait très tôt appris à se mêler aux autres. Issue de milieu paysan, elle avait forcé sa descendance à aller côtoyer le bas-peuple, au détriment de la classe bourgeoise. Longtemps, on avait décrié cet acte infâme, jugeant cela peu approprié pour des personnes d'un tel rang. Mais Madailéin s'était moquée des critiques qui avaient fusé dans son dos. Elle n'était pas bourgeoise de base, elle était paysanne. Même si elle avait été élevée dans la tradition bourgeoise, elle restera une paysanne, quoi qu'il arrive. Une roturière.
Elles arrivèrent dans une petite chambre. Une dame d'un certain âge s'y trouvait déjà. Elle leur adressa un sourire fatiguée, avant de glisser sa valise sous son lit. Elle sortit quelques minutes après. Nina, Laura et Leanora choisirent chacune sa couche. Nina et Laura prirent les deux couchettes du haut et laissèrent à Leanora et la mamie les deux couchettes du bas. A leur tour, elles quittèrent la petite cabine et se dirigèrent vers le pont inférieur. Elles étaient prêtes à faire leurs adieux à leur chère patrie.
L'océan défilait depuis des jours déjà. Nina passait le plus clair de son temps sur le pont, à prendre le frais, à discuter avec une dame qui souriait sans cesse et tricotait une couverture – qu'elle donnera plus tard à Leanora. Laura et Leanora se promenaient tout le temps, quand elles ne passaient pas leur temps à jouer avec les autres enfants. Cela faisait du bien à la jeune femme de voir sa fille jouer avec de parfaits inconnus de son âge. Cela lui faisait du bien d'avoir de quoi s'occuper. Quand elles étaient suffisamment exténuées, elles rentraient dans la cabine et lisaient un livre. C'était leur passe-temps favori durant trois-quatre jours.
Pourtant, vint un moment où ce passe-temps dût prendre fin.
14 avril au soir. Laura venait de coucher Leanora, emmitouflée dans la couverture que la nouvelle amie de sa mère avait tricoté. Elle s'était dirigée vers le hublot de la cabine, avait jeté un coup d’œil dehors, avant de resserrer son pull sur elle. Elle prit un livre, se hissa sur sa couchette, et passa de longues minutes à lire. La mamie dormait profondément depuis une heure déjà et le souffle de Leanora se fit plus lent et régulier. Elle venait de s'endormir.
Un bruit sourd suivi d'une secousse tira Laura de son sommeil. Elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle s'était endormie. La mamie ronflait bruyamment et Leanora se réveilla en gémissant. Nina n'était toujours pas venue se coucher. Elle ferma le livre, se frotta les yeux et descendit de sa couchette. Elle prit sa fille dans ses bras, l'apaisa. La petite chouinait d'avoir été si violemment tirée de son sommeil. Laura sortit dans le couloir, demandant à qui passait ce qui se passait. On leur dit de ne pas s'inquiéter. Mais tous ces membres d'équipage qui courraient… Ce n'était pas de bon augure, pas vrai ? Elle retourna dans la cabine, prit la couverture de Leanora et l'enveloppa dedans. L'air était plutôt frais, même à l'intérieur. Si les membres d'équipage refusaient de donner des réponses…
Très rapidement, on leur ordonna de mettre des gilets de sauvetage. On appela les femmes et les enfants. Une hystérie morbide s'était emparée du Titanic. Le bruit avait couru que le Paquebot avait percuté un iceberg et qu'il commençait à couler. Les femmes et les enfants. Y a-t-il des femmes et des enfants à bord ? Laura chercha sa mère du regard. Mais Nina restait introuvable. Où diable pouvait-elle être ? Elle se fraya un chemin parmi les corps agglutinés qui tentaient de sortir. Y a-t-il des femmes et des enfants à bord ? Elle grimpa dans un canot de sauvetage, Leanora serrée contre elle. Leanora qui pleurait de fatigue, Leanora qui pleurait parce qu'il y avait trop de bruit, parce qu'elle ne comprenait pas ce qui se passait. Laura éprouvait mille et une peines à la calmer.
Lentement, bien trop lentement, elle observa l'Insubmersible s'enfoncer dans les eaux noires de l'Atlantique. Un silence pesant après le carnage. De temps à autre, une fusée de détresse fendait les airs. Un sifflet brisait le silence. On repêchait un corps vivant. Laura, figée par la terreur, avait le regard fixe, vide. Où était sa mère ? Au loin, quelqu'un hurla. Une femme s'était agrippée au bord du canot. Elle tenait dans sa main un joli camée rose poudré et prononçait d'une voix faible, de celles qu'ont les mourants, le prénom de Laura et son nom de famille. Le collier tomba mollement dans la main d'une femme à l'air généreux. La mourante s'enfonça dans l'Océan. Plus jamais on ne la revit.
Sur le pont du Carpathia, les officiers faisaient le tour des rescapés. L'un d'eux tenait le camé rose poudré. Il s'avança vers Laura, qui serrait toujours Leanora contre elle. Elle s'était résolue au décès de sa mère. Nina avait trouvé la mort dans le naufrage du Titanic. Déclinant son nom et son prénom, ainsi que celui de Leanora, l'officier lui tendit le camée. La jeune femme le serra fortement dans sa main, et se mit à pleurer. L'officier se détourna et continua son travail.
Au loin, New-York se dessinait.

Adult
28 juin 1993, Oro Valley
Il y avait une effervescence, autour d'elle. Une effervescence qu'elle aimait. Sa famille était réunie. Ses parents, ses grands-parents, son frère. Ses cousins et cousines, ses oncles et tantes. Tout le monde était là. C'était une surprise à laquelle elle ne s'était pas attendue. Ses parents lui avaient dit qu'ils étaient invités au repas donné par le maire de la ville et que ça aurait été très malpoli de refuser. Nina n'avait pas vu la supercherie sous ces propos. Elle savait que son père parlait au maire, mais pas qu'ils étaient si proches. Pour elle, c'était normal, elle n'avait pas cherché plus loin.
Mais ils étaient là, la regardant, tout sourire. Des photos d'elle sur les murs. Une musique enjouée emplissait la pièce, la rendait euphorique. Non, vraiment, si elle s'était attendue à cet anniversaire surprise… Ses parents avaient dû dépenser une fortune pour louer la salle, payer la nourriture, faire venir tout le monde ! Elle ne les remercierait jamais assez. Cette idée, c'était celle de Sullivan, son frère. Il avait souvent été un parfait crétin avec elle, mais il savait comment faire plaisir aux gens. Il tenait à sa sœur plus qu'il ne se l'avouait. Et la voir si heureuse l'emplissait de joie.
Nina se dirigea vers une grande affiche verte. Elle observa la photo de ce petit bébé qu'elle était. Elle observa son arrière-grand-mère, Leanora, la bercer gentiment. Le bébé qu'elle était alors adressait un grand sourire à la femme. La jeune femme n'avait pas eu le temps de la connaître, elle est décédée deux ans après sa naissance. Elle portait autour du coup un joli camée rose poudrée, que Nina trouvait magnifique. Elle se demandait qui pouvait bien l'avoir… Elle passa à la photo suivante. Elle était à bord d'un avion, dans son fauteuil enfant. Ses sourcils étaient froncés, elle se posait alors sûrement des questions. A ses côtés, Sullivan avait un large sourire qui remontait aux oreilles. Il semblait heureux de prendre l'avion pour la première fois. A quatre ans, il ne pouvait pas oublier son premier voyage en Europe, tout de même ! Pour sûr, il en parlerait à ses copains à l'école ! La photo suivante montrait une petite fille qui faisait des pas ma assurés dans le jardin familial. Elle portait une robe blanche à pois rouges, et de jolies petites chaussures vernis. Au loin, on pouvait apercevoir Sullivan et Christian, son cousin, jouer au ballon, et un chien les suivre.
Ce chien, c'était Casper. Un joli bouvier bernois, pas méchant pour un sou. Nina avait toujours aimé ce chien. Il avait pris un malin plaisir à venir la réveiller tous les matins, en sautant sur son lit et en lui léchant abondamment le visage. La gamine finissait toujours par éclater de rire. Le plus drôle, c'est que le chien n'était pas comme ça avec son frère. Il venait toujours réveiller Nina. Toujours.
Diable, que ce chien lui manquait !
Au panneau suivant, on voyait une enfant de six ans, cartable sur l'épaule, deux tresses pendant de chaque côté de la tête. Il lui manquait quelques dents. Elle était prête pour sa première rentrée. L'histoire derrière cette photo, c'est que Nina n'avait pas lâché son cartable la veille de la rentrée. Elle s'était empressée de revêtir ses nouveaux vêtements, de mettre ses nouvelles affaires dans son cartable, et de mettre ce dernier sur ses épaules. Ses parents ont eu du mal à la convaincre qu'elle devait aller se coucher sans sa tenue de rentrée et sans son cartable. La gamine avait tapé du pied, boudé, rien n'y faisait. Ses parents ne cédaient pas. Elle avait fini par obtempérer. Elle s'était réveillée très tôt le lendemain matin. Ses parents venaient tout juste de se lever. Face à l'enthousiasme débordant de leur fille, ils n'eurent d'autre choix que de la laisser manger avec eux, de la laisser se préparer toute seule. Elle avait trépigné d'impatience devant la porte de la maison.
A côté de cette photo, pas de nouvelles images. Un ticket de cinéma, un dessin, un article de journal. Une carte postale, rédigée de la main de Leanora, son arrière-grand-mère. La dernière carte postale reçue. Plus loin, elle observa la petite fille qui recevait son premier diplôme, la collégienne qu'elle était devenue. Elle observa ce corps en maillot de bain, sur une jolie plage, Ross à ses côtés. Elle se vit cachée par Casper qui lui avait sauté dessus, elle se vit en train de bouder pour une raison qui lui échappe. Elle se vit en train de serrer Sullivan dans ses bras, en train de promener son plus jeune cousin dans une poussette. Elle se vit en train de lire un livre perchée dans un arbre, en train de boire son premier verre de vin. Elle se vit vêtue de sa première robe de bal, pour le bal de promo de fin de collège. Elle se vit avec son premier petit ami, pour l'anniversaire de ce dernier. Elle vit sa famille à Noël, autour d'une dinde déjà bien entamée. Ils se serraient tous dans les bras, affichaient tous un air glorieux, ivres de joie et d'amour. Son père portait ce ridicule serre-tête de renne. Elle-même était affabulée d'un bonnet de lutin du Père Noël. Elle se vit au volant de sa première voiture, une petite citadine rouge. Elle se vit parée de son habit de diplômée, tenant dans sa main ce rouleau de papier, fameux sésame vers l'université. Elle se vit endormie sur un canapé, probablement un lendemain de soirée, à la vue des cotillons et serpentins qui traînaient partout. Elle vit cet étalage de vie qui lui montrait combien elle aimait sa famille.
Vint alors l'heure d'ouvrir les cadeaux. Son père lui avait offert un joli psyché, ses grands-parents maternels lui avaient offert un bon pour un soin du corps complet. Sullivan lui avait offert l'intégrale des Harry Potter – Nina ne les avait jamais lus. Ses grands-parents paternels lui avaient offert un billet pour Disneyland Paris… Mais le cadeau qui lui mit le plus de baume au cœur, c'est le cadeau qui avait le plus vécu. Sa mère lui avait tendu un petit cadeau, soigneusement emballé. Elle lui avait glissé à l'oreille que mémé Leanora aurait aimé qu'elle l'ait. Les doigts tremblants, la jeune femme ouvrit le paquet.
Le camée rose poudré l'attendait.


Dernière édition par Nina Rosario le Dim 20 Aoû - 2:26, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 2:23

t'es bien belle toi.
bienvenue chez toi ! I love you I love you
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 2:25

T'as un 06 ?

Merci :D
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 2:29

tu le veux ? ça peut s'arranger t'sais.
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 4:03

Bienvenue !
Omg t'es canon :cœur: j'adore ton ava, vraiment !
Bon courage pour ta fiche !

_________________


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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 9:05

Han t'es là :excited: et t'es belle
J'te mpotte, genre right now, ma belle
Bienvenue parmi nous
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 9:32


bienvenue sur le forum, bon courage pour ta fiche :looove:
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Admin □ Suddenly, staring at nothing, I see it. All is gradual.

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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 11:26

Bienvenue parmi nous :excited:

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J'avais l'impression que, en perdant la personne avec qui je partageais mes souvenirs, j'avais perdu les souvenirs eux mêmes, comme si les choses qu'on avait faites ensemble étaient devenues moins réelles, moins importantes qu'elles ne l'étaient encore quelques heures auparavant.
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 11:36

t'es trop trop trop belle (et détail qui tue : cette signature ).
bienv'nue chez toi ma jolie, bon courage pour ta fiche et si tu as besoin de quoi que ce soit, surtout, n'hésite pas.

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l'agneau
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 13:53

Merci à tous ! :D

Reese, peut-être plus tard, je sais pas
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 19:04

rosie est tellement cute :bril:
bienvenue sur JoD et bon courage pour ta fiche I love you si t'as besoin de quoique ce soit, hésites pas
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 19:10

j'adore tellement le pseudo, il est tout doux, comme rosie, ça lui va à merveille :bril:
hâte de découvrir ton personnage :excited:
bienvenue
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Jeu 17 Aoû - 22:31

Merci à vous ♥
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Ven 18 Aoû - 13:55

T'es BELLEUUUUH.

Bienvenue et bon courage ! :)

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MessageSujet: Re: Be forever young.   Ven 18 Aoû - 14:41

je te souhaite la bienvenue sur le forum.
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Sam 19 Aoû - 0:22

Re-merci Lana :D

Merci :D
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Sam 19 Aoû - 0:24

HAHAHA j'avais pas vu que j'avais déjà posté.

J'suis un boulet. :cache:

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MessageSujet: Re: Be forever young.   Sam 19 Aoû - 0:26

Oh mais c'est pas grave xD Ca m'a bien fait rire :D
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MessageSujet: Re: Be forever young.   Sam 19 Aoû - 15:01

Bienvenue et courage pour ta fiche :balloncoeur:
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MessageSujet: Re: Be forever young.   

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Be forever young.

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